. Dans les monastères, l'office divin est le principal exercice de la journée. « Comme le dit le Prophète : sept fois le jour, j'ai proclamé ta louange», (Règle de saint Benoît, ch. 16, Ps 11,164). Cela correspond aux sept heures où les religieux doivent réciter les sept parties de l'office divin. Voici les heures suivies par les Grandmontains, telles qu'elles découlent de la Règle de saint Benoît. La journée commence par la grande prière des vigiles . De novembre à Pâques, les frères se lèvent à la 8e heure de nuit (vers 2 heures du matin, après 8 heures environ de sommeil). Le nom latin est nocturnale officium, nocturnae laudes. . « De Pâques à novembre, on calculera l'heure de telle sorte qu'après la célébration des vigiles et un court intervalle, pendant lequel les frères peuvent sortir pour les nécessités naturelles, commencent aussitôt les matines , qu'il faut dire au point du jour. C'est le deuxième office divin, en latin, matutina laus, matutinae laudes. Les laudes (louages) sont la conclusion de l'office divin d'après Niermayer. Les frères se trouvent dans le chœur. Comme dans l'Antiquité, les religieux vaquent à leurs activités pendant les heures de la journée. Prime (vers 6 heures pour nous) et les autres petites heures, tierce (vers 9 heures pour nous), sexte (vers midi pour nous), none (vers 15 heures pour nous) correspondent aux quatre divisions du jour chez les Romains ; les prières sont plus courtes de façon à pouvoir être récitées sur place pendant les travaux… De Pâques à la Pentecôte, les frères déjeunent à sexte. Les jours de jeûne, ils attendent nones. De Carême à Pâques, ils prennent un repas après vêpres. « La sixième heure tombait toujours à midi ; la neuvième suivant les saisons entre 14h 30 et 15 h 30 ». Après les vêpres, les religieux se rendent à la lecture des Conférences (de Cassien).Quand tous sont réunis, ils disent complies, ensuite nul n'a la permission de parler.« L'heure de l'office de Vêpres doit être fixée de façon que les frères n'aient pas besoin d'allumer une lampe pour le repas, et que tout se termine à la lumière du jour ».Ainsi, deux grands moments encadrent la vie de la communauté: les vigiles la nuit et les vêpres , le soir, célébrations solennelles de deux offices de louanges. Les Grandmontains suivent toujours l'heure du soleil. Midi, c'est midi au soleil. Au solstice d'été au moment des prières de matines, le soleil, levé à 4 heures entre par la fenêtre nord. À prime vers 6 heures, il entre par les 3 baies. Prime est suivi du chapitre : c'est l'heure où la salle capitulaire reçoit aussi le meilleur éclairage. Pour la messe, vers 7.30, l'église est éclairée par la baie centrale et la baie sud. À none, vers 15 heures, le soleil commence à pénétrer par la baie ouest. Entre vêpres et complies, il illumine le chœur par cette baie ouest. Aux équinoxes , les matines devaient avoir lieu au lever du soleil, vers 6 heures. Pour cette grande cérémonie, le soleil pénètre par l'ensemble du triplet. À complies, vers 18 heures, il atteint l'autel. On peut en déduire qu'aux équinoxes (20 mars et 23 septembre), la journée devait commencer vers 5 heures (au soleil) et se terminer après complies vers 19 heures. Au solstice d'été (21 juin), le jour devait débuter vers 4 heures et le coucher devait avait lieu vers 21 heures (Les cultivateurs respectaient cet horaire solaire dans le courant du 20e siècle). Le temps consacré au sommeil oscillait entre 9 heures aux équinoxes et 6.30 au solstice d'été. Les religieux avaient programmé la récupération du sommeil à l'échelle des saisons. Pour mener une vie exemplaire, les frères se levaient tôt. « Saint Bernard a fait l'éloge des heures de vigile, pleine . .... de fraîcheur et de tranquillité, où la prière pure et libre s'élance avec allégresse vers le Ciel, l'esprit est lucide, où ... règne un silence plus parfait que tous ceux qui suivront ». .. La longue journée des frères est partagée entre prières et travail en suivant l'exemple de Marie ou de Marthe. Ils . . .. louent Dieu bien avant que les hommes ne se réveillent, même si comme les plus humbles ils doivent s'adapter .. à la lumière du jour. Matines. Frères priant pour Henri II Plantagenêt La vie et la règle de Saint Benoît, traduction de mère Elizabeth de Solms, Paris, 1994, ch. 8-16 ; 41-43 (En note « nous appelons aujourd'hui matines ce que saint Benoît appelait vigiles et laudes ce qu'il appelait matines). Les collations de Jean Cassien , textes choisis et présentés par J.Y. Leloup, Paris, 1992. L. Moulin, La vie quotidienne des religieux au Moyen-Age , Xe-XVe siècle, Paris, 1978, (citation d'après saint Bernard). Arch. dep. Haute-Vienne, I sem, 10, f° 31, J.LEVESQUE, Annales ordinis grandimontis, Troyes, 1662, p.112. Tempête : Le Coutumier de Grandmont, traduction de dom J. Becquet. Règle du vénérable Étienne de Muret , traduction de R. Bernier. J. Becquet, « La Règle de Grandmont », Bulletin de la société archéologique et historique du Limousin, t. LXXXVII, 1958, p. 9-36. NIERMAYER (J.F.), Mediae Latinitatis Lexicon Minus , Leiden, 1993.
Le Prologue de la Règle de Grandmont se réclame des «institutions apostoliques et canoniques ». Les Grandmontains s'y conforment. Et le Coutumier, chapitre 8 et 9, précise que « la sonnerie ayant retentie pour une heure, s'ils peuvent quitter le travail en cours sans dommage ni danger, qu'ils le quittent et fassent les prières requises. Et si c'est un jour ordinaire, ils feront trois génuflexions à chaque heure. […] Lorsque les frères seront en voyage, les clercs s'acquitteront exactement de leur heure et les convers des prières qui en tiennent lieu ».
parfaitement » (ch. 58). Les chapitres 45 et 48 du Coutumier réglementent l'office divin. « Si des clercs ou des religieux célèbrent l'office dans nos églises, qu'il y en ait deux ». […] Ou bien « les clercs séculiers eux aussi s'ils ont l'âge et la tenue convenables, pourront être admis pour célébrer l'office divin là où les frères ne suffisent pas à s'en acquitter ». Et encore, « la veille des fêtes où les frères convers communient, on les avertira le matin au chapitre de la . façon dont ils doivent recevoir le sacrement du corps et du sang du Seigneur ». En ces temps où seul un cadran . solaire donne l'heure, le soleil règle la vie.
Grandmont et les heures canoniales
La Règle tient la messe comme un moment privilégié et fermement institué. « Nous vous avons appris à célébrer dignement les offices divins composés des auteurs éprouvés et saints et établis dans la sainte église par saint . Grégoire et d'autres saints docteurs. Il est inutile d'en traiter dans le détail, puisque nos livres le déterminent
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