Saint-Sylvestre Site ChabannesDu lavoir au relais en passant par la ligne EDF et le lac, allez voir les photos . Retour en fermant x dans le navigateur
Limousin-Grandmont. CHABANNES de l'ETANG, commune de Saint-Sylvestre
Photos de Chabannes Puy Hentiette Carte d'implantation Fanet Puy de Lavaud Plan du SITEChabannes 22 janvier 2007- La neige tombe drue dans la nuit, 40 cm. Puis le gel prend. Les hameaux perdent le contact avec la civilisation. Pas encore de chasse-neige. Ce n'est plus de la poudreuse mais une masse lourde qui ploie les branches, casse la cime des arbres. Les lignes EDF sont rompues. Plus de courant. Plus de chauffage. Coucher, comme les poules avec le soleil. Retour de la bougie, du feu dans le foyer. Retour avant 1930 , avant le monde moderne qui apporte l'ampoule, la lueur blafarde de l'unique lampe et la TSF, (le poste de radio! silence pendant les informations, ou le Tour de France, les soirs de juillet avant 21 heures). Plus de lave-linge. Le lavoir, 500 m. d'ici, est pris dans la glace. Ce lavoir que Jean Beijeaud a obtenu du service des eaux de Limoges lorsque toutes les sources ont rejoint les canalisations de la ville, mettant à sec les pêcheries… La lessive hebdomadaire : la lourde lessiveuse fumante, remplie des draps qui ont bouilli que les femmes vont rincer, les jours de soleil. Puis la lourde brouette qui remonte la pente. L'eau venait du puits. Un puits pour cinq familles dans le haut du village ; six autres puits plus bas. Eau fraiche des grandes chaleurs, eau que l'on ne gaspille pas ; eau de la cuvette pour la toilette ; la bassine dehors pour se laver les mains. L'eau au robinet… vers 1970. Pendant la guerre encore, les galetous de seigle cuits sur la braise tiennent lieu de pain. Le pain au levain se brasse dans la maie et cuit dans l'une ou l'autre « boulangerie » des fermes. Par la suite le four de la boulangerie ne s'allume que pour les repas festifs : « patissous » de viande, rotis, tartes aux pruneaux avec une pate ..comme de la brioche.. La bombonne de gaz prend sa place dans les cuisines vers 1950. Mais, la soupe, l'omelette, les pommes de terre, les châtaignes cuisent encore longtemps sur le feu et y prennent un parfum inoubliable. Le boulanger passe deux fois par semaine ; on cesse de lui porter la farine de seigle ; contre un ticket rose il fournissait une grosse tourte. Les grandes tranches de pain brun servaient pour « tremper la soupe » (raves, pommes de terre, carottes, poireaux) cuite longuement dans la marmite en fonte du foyer. Monsieur Faure a l'unique voiture. Puis Louis Lenoir en 1954. Limoges… On y va de la Crouzille en car, d'Ambazac en train. La route du village ne connaît pas encore le goudron. Le poste TV arrive vers 1965, puis le tracteur. Toutefois, les chemins cahoteux, pas assez larges, les champs, mouchoirs de poche dans des combes, prolongent les labours avec les attelages de vaches. Le fil de fer barbelé permet de ne plus surveiller les vaches au champ. La vente d'un veau forme une grande part du revenu, que le maquignon rogne inexorablement. L'épicier passe le jeudi : entre l'huile et le sucre arrivent les premiers yaourts et les melons de juillet. Le marchand de tissu vient une fois par mois avec le petit linge ou les draps. Il cesse vers 1970 comme le peliorau (chiffonnier) qui recherchait les peaux de lapin (elles l'attrendaient tendues sur un cadre au soleil). Les femmes abandonnent le repassage avec les deux fers qui chauffent en alternance dans le foyer. Le foyer ouvert, le seul chauffage jusqu'en 1980. Plus de tisserand, depuis la fin du XIXe s. Jean Beijeaud tissait dans sa cave souterraine humide. Plus de chènevière soigneusement entretenue avec le fumier des moutons. Les moutons, une centaine entretenaient les chemins, les maintenaient ouverts, ainsi pas de ronces, ni d'ajoncs. Le paysage est ouvert : on voit les terres du hameau voisin. Léonard Lenoir planta les premiers sapins du Bois Nadaud. Ailleurs les moutons tondent les pentes roses d'erica et de calluna qui sentent si bon au soleil couchant. Les combes sont encore des champs : y poussent petits pois, haricots verts et blancs, carottes, laitues, pommes de terre et un peu de seigle, battu au fléau dans la grange ; des raves et des navets pour engraisser les vaches l'hiver. L'ancienne carrière de pegmatite au Nord du hameau a connu ses heures de gloire. Depuis le XIXe, le feldspath sert pour l'industrie de la porcelaine de Limoges ou d'Ambazac. On y trouve aussi des cristaux, topaze, chalcolite… Elle a servi de cache pour les armes du maquis en 1944. Ces armes ont disparu la veille de la fouille du village par la milice. Enfouie dans les broussailles, elle abrite les chauves-souris (site Natura 2000). Les fermes meurent. Les maisons s'animent aux vacances. A partir de 1970, les Limougeauds investissent le hameau dortoir, si proche de l'autoroute qui double la N. 20. Maintenant, le téléphone mobile et l'ADSL sont disponibles. Nous ne savons plus cette vie. Ce temps est-il si loin ?
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